Quelques branches surplombent la chaussée
La Lune découpe en ombres d’avalanche
Les feuilles dans mes cheveux et jusqu’à mes pieds.
La lune reflète d’une douce lueur fanée, Quelques petites fleurs blanches
Courant sur la route au milieu du silence
Un pigeon cherche son chemin.
Eperdu il avance au milieu des absences
Devant moi dans le petit matin.
La lune l’observe de son regard intense C’est un beau pigeon blanc.
Si la fleur au cœur de la nuit
Si l’oiseau plongé dans le noir
Si elle grandit et s’épanouit
Et s’il marche si loin de son perchoir
C’est que brillent dans les plus sombres soirs
Les pétales et les plumes couleurs de l’espoir…
Entouré de tours
Sur le béton armé
Dans les rues dans les cours
Brille un soleil fané
Des esprits qui s’affèrent
Dans des corps meurtris
Et des âmes qui s’oublient
Dans le monde qui s’enferme
Dans un monde qu’on enferre
Sans joie sans peine
Et rempli de haine
Pour un monde qu’on enterre.
Venez venez, j’ai vu la lumière !
La vraie, la pure, celle du soleil
Elle est là, pour vous tout pareil
Tournez la tête, j’ai vu la lumière !
Et nos yeux grands ouverts
Les pupilles dilatées
Et notre âme si fière
S’est mise à raisonner
Et notre âme en enfer
S’est mise à bruler…
Alors, mon cœur consumé à cesser de battre
La tête penchée, refusant de combattre
Mon corps sans âme, a fermé les yeux.
Et derrière mes paupières, bloquant les rayons
J’y ai vu à travers, au milieu des cieux
Un regard malicieux, un regard comme un don
Une étincelle de vie, sans raison, sans esprit mais remplie de joie
Un embrasement d’amour, un embrasement de toi
Quelle est cette force
Quelle est elle ?
Cet élan qui m’emporte
Le regard en arrière, impuissant
A s’en bruler les ailes.
Chatelet, vingt et une heure
Le train est là et ça sonne !
Mais là bas, un refrain rieur
Chanté dans la gare qui ronronne
Attrape mes yeux pour en chasser les pleurs…
Un homme sur un banc
Il a les yeux au ciel
Et là haut au milieu des abeilles
Dans un matin de printemps
Il les fait tournoyer !
Quand il frotte sa guitare
Et quand il chante
Les dents déployées au hasard
Comme des voiles voletantes et dansantes,
Moi je veux m’arrêter,
Un instant, un instant seulement
Et tout oublier,
Mes mains, ma bouche et mes sentiments
Comme ça, juste stoppé,
Par gourmandise,
Pour ces rares moments,
D’égarement et de douces brises.
Un vent qui souffla,
Une seconde,
Dans mon esprit,
Une onde, qui coula,
Sans faire de bruit
Et sans empêcher ce long serpent de fer de me prendre avec lui,
Jusque là bas,
Comme tous les soirs, comme toutes les nuits.
Des vies si différentes
Des mines toutes atterrantes
Dans des visages penchés
On y voit le regret.
Quel regret ? Quel remord ?
Un choix manqué ?
Aucun choix présenté ?
Le manque d’une goutte d’or.
Dans ce wagon bondé,
Des pensées vagabondent
La vie semble stoppée,
Chacun dans sa ronde.
Puis le train s’arrête.
Beaucoup se lève
Les choix manqués
S’évanouissent comme des rêves.
Et moi qui regarde par la fenêtre,
Et moi qui garde la tête haute
Je sens l’impuissance et le vide
Je sens l’espoir, avide.
Je sens mon cœur qui saute,
Je le sens qui décroche
Gelé dans le ruisseau
Et coulant sur la roche.
Un fin fil d’eau pure
Qui serpente dans mes veines,
Et hante mes vaines peines
D’une drôle de créature.
Cheveux noirs et longs
Ils tombent dans ma bouche
Et ses lèvres qui me touchent
Soulèvent mon cœur d’un bond.
Deux éclats, noisettes et rieurs
Me fixent et m’effleurent
Et sourient pour de bon.
Le fin fil dans mes veines
Déverse un torrent de saveurs
Sucrées et salées de douceur
Et plus chaud que la laine.
Si demain elle disparait,
Si elle me refusait,
Il faudrait oublier, et chercher ailleurs
Une autre fleur, sans épine et sans globe de verre,
Une autre fleur que j’aimerais autant,
Sans peur, sans question et de tout mon cœur.
Une autre sur cette terre
Que j’aimerais autant qu’elle.
Un clavier un écran
Et y graver des mots
Une plume ou un stylo
Pour un sentiment
Mais tout ça pour rien ;
ils n’existent pas.
Que dans ma tête de bon à rien.
Ouvre les yeux,
Tu ne vois rien.
Les vers et les strophes apportent réconfort
Mais ils inhibent l’effort
et me ronge de liens.
Attaché à tous, à chaque chose
Mais à rien.
Pensant à toutes choses,
Une idée toujours,
Et la bonne, celle qui court
Mais aussi celle qui se trompe
Tromper par les roses.
Tromper pour rien.
La lucidité est triste,
Tueuse d’espoirs
Et tueuse d’illusions
Elle brûle les passions
Et éteint les soirs
Laissant la lumière fanée d’un néon de raison.
Un néon de rien.
Comment parler du doux amer,
Et comment rester sur le fil ?
Basculer du coté pile
Pleurer à en manquer d’air
Puis volteface vers la douceur des iles
Où le soleil inonde la mer
Et le sourire qui appelle le bonheur.
Comment parler du passé ?
Celui qui s’agrippe dans la douleur
D’avoir été heureux et de regretter
De n’avoir pas été heureux dans l’heure.
Et la tristesse passée rend triste d’en parler
Autant que la joie disparue attire les pleurs.
Comment parler du futur sans le regretter déjà !?
Et comment espérer quand on craint tant de désespérer ?
Et le présent… ah le présent qui n’existe pas si ce n’est maintenant… et maintenant et maintenant ! mais il n’existe plus, ou pas encore alors si je me veux
épicurien, si je veux profiter du présent ou en tout cas le vivre pour l’éternité, je me dois le présent éternel,… par décision mortelle.
Ou alors il faut aimer et croire,
Et aimer y croire,
Et toujours espérer et se réjouir
Mais avec plus d’innocence dans l’avenir
Pour que les derniers soirs
Laissent des matins de rires…
Quelle beauté ! Époustouflante !
Les traits sont parfaits
et le charme, dessiné
Oh belle amante !
Et elle rigole et ses dents
sont parfaites, toujours
et tout est parfait
comme la beauté du jour,
comme l’amour.
On la croise partout
et partout accourent
les regards sourds
de ces yeux aveugles
de ces yeux de fous.
On la croise partout
mais jamais chez soi,
et jamais pour moi !
comme les étoiles,
aux portes du ciel.
Mais pareilles à elles
« vous n’éclairez que d’un feu éteint
et nous nous brulons en vain
sur le brasier des sens ! »
Alors oublions celles
qui brillent en cadence
et dansons sur les mains.
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