Mercredi 17 janvier 2007 3 17 01 2007 15:04

« Vous vous cherchez beaucoup », « vous êtes encore en maturation », dans un entretien de personnalité et alors que j’avais l’impression d’avoir donné des réponses claires et précises ça fait tout drôle d’entendre ça. Et pourtant, n’est ce pas rassurant de se chercher à 19 ans ? Je pense que d’une certaine façon on se cherche toute sa vie et ceux qui disent ne plus se chercher sont soit arrivés à un état que l’on pourrait qualifier de bonheur total soit au contraire ne sont que des êtres aigris à l’esprit obtus que leur prétention leur présente comme l’apogée de l’être humain.

Et finalement, rien qu’à se promener sur le net on se rend compte du nombre de personne qui se sont si peu trouvées, qui sont si peu sures d’elles que leur bouclier automatique, leur phrase de survie est « je suis ce que je suis ». Tu ne peux rien me dire, si tu ne m’aimes pas va voir ailleurs, si tu ne fais rien que mine de remettre en cause mes certitudes je te promets mon courroux et dans tout les cas, jamais je ne me poserai la question : « je suis ce que je suis, certes, mais que suis-je ? , mes actes reflètent ils mes pensées et mes pensées sont elles bien de moi ? ».

A coté de ça je suis presque l’extrême opposé. Je réfléchis à tout et je n’ai d’opinions certaines que sur de rares choses (je dirais la peine de mort et la démocratie), sur les autres je suis capable de défendre une opinion mais lorsque j’y repense ultérieurement, lorsque je suis mon propre juge, je ne sais vraiment plus que penser. La liberté ? Oui bien sur, et pourtant l’individualisme, non! Même l’amour ? Qu’est ce que l’amour ? On sent quand on aime, o n sent que quand on aime on vit mais en même temps en y réfléchissant on est si égoïste et si primaire quand on aime qu’on se dit que l’amour n’est finalement bien que le dernier rempart pour la survie de l’espèce et que nous ne sommes, que je ne suis, rien d’autre qu’un esclave de cette loi naturelle et qui est si bien faite qu’elle nous fait croire à tous que l’amour est le plus beau sentiment du monde. L’amour me ferait faire n’importe quoi je pense mais quand je dépose mon cœur sur le pavé un moment, et que je laisse à ma raison toute la place, je me rend compte que l’amour est peut être le pire des sentiments tant il est hypocrite, égoïste et bestial. Ce qui me désole c’est que je ne m’imagine pas vivre sans amour. Sincèrement ça me désole. Et je pense être encore bien plus que la moyenne un esclave de ce sentiment quand je vois à quel point il me touche et dicte ma vie. Je pensais que ça faisait de moi un homme bien, je me rends compte que ça fait de moi un non homme. « L’homme est un fil tendu entre l’inhumain et le surhumain » oui, je pense saisir ce que voulait dire Nietzsche.

Bref j’ai pas avancé des masses, je suis loin de savoir qui je suis mais ce qui est sur c’est que « je ne serai jamais ce que je suis ». J’espère seulement que ce que je veux être n’entrera pas en contradiction avec ce que je suis.

Par Johann - Publié dans : idées sentiments
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Mardi 26 décembre 2006 2 26 12 2006 18:48

Schaum

 

Ma vie est de verre
Et mon cœur de cristal.

Ce monde de métal
Transpercera ma chair.
 
Ou est ce la vie
Puante de fer
Qui de l’enfer
Tire l’infini ?
 
Mon corps ne vaut rien,
Dans le petit matin
Le jour et lui
Suintent comme la suie.
 
Mes yeux si vieux
D’avoir tout vu
Et rien regardé
Méritent les pieux.
 
Mes mains petites,
Mon âme peut être,
Mes mots s’entêtent
Ma voix s’abrite.
 
Ma voie s’effrite
Court passé
Qui m’habite.
 
Insignifiantes histoires
N’en finissant de choir
Entre doute,
Espoir et déroute,
Insignifiantes histoires
Parfumées d’avenir.
 
 Soleil couchant sur mon âme   tourmentée
 Océan préféré pour ta passion d’écume
 Schaum ou moment de l’ivresse
 Sur le sable fin et mouillé
 La main dans la main attendant la lune
 Ma nuit fut sans étoile et mes jours de tristesse.
 Sévère mémoire et dur souvenir entaché d’avenir.
 

"Träume sind Schäume"

Schaum :

Elle est un moment ou il est un moment, mot sans genre au sens indéfini sans pronom défini, mot allemand reflétant l’océan. Pensez un instant à ces morceaux d’existence n’existant plus que dans les sentiments qu’ils laissèrent. Pas la nostalgie, ni le souvenir, juste un moment d’avenir perdu dans le passé, comme une félicité si courte si vite disparue qu’on la recherche avec l’idée certaine qu’on la retrouvera et que notre vie ne tend que vers cette retrouvaille. Si vous comprenez ce que j’écris c’est que vous avez vécu et vivait en torture latente ce mot ; c’est que vous connaissez Schaum.

Par Johann - Publié dans : poèmes : vers de pensées
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 12 2006 20:30

Le bleu du ciel

 
Ce jour mes yeux ont menacé
De se fermer, de s’éteindre
Pendant un instant j’ai pu craindre
Que ma vue s’en soit allée

 
Prendre le métro et marcher
Les yeux à mis clôt ou
Eteints, injectés de rouge,
La faute à ma cornée…

 
On pense que si la lumière fuit
En ternissant le miroir des âmes,
Notre vie perd tout charme
Tous sens et toutes envies

 
Ah quoi bon si tout est noir
Vie de vagabond quand tous s’éteint
Crépuscule cristallin
Sur les rivages du dernier soir

 
J’ai perdu mon regard
Tout recommence
Un monde sans apparence
Un monde sans fard

 
Dans un nouveau départ
Le règne du vrai
Dans la cécité
Le monde des arts

 
Mais le bleu en quittant le ciel a quitté mes yeux, eux que j’aimais tant ne sont plus que deux braises, rougeoyants.

Par Johann - Publié dans : poèmes : vers de pensées
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Mardi 19 décembre 2006 2 19 12 2006 20:47

Je vous en prie…

 

Pour des milliers
Je le crains
Ce matin
Est le dernier

 
Pour des millions
Et j’en pleure
Dans les maisons
Restent les sœurs

 
Pour l’humanité
Et j’en crève
Fini le rêve
Morte est la paix

 
Chacune de mes larmes
Etale en douleur
Sur le fer des drames
Ton Nom, toujours rêveur

 
La poudre me tuera
Les hommes périront
Le monde se brisera
Mais les larmes sont
Sur l’acier trempé
Une encre d’éternité

Par Johann - Publié dans : poèmes : mots sur le monde
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Dimanche 17 décembre 2006 7 17 12 2006 15:57


Divagation

 

Ce soir je sors,
Couloir, corridor
Escaliers très hauts,
Puis hall, encore.

 
Une goutte d’eau,
Glacée de nuit
D’un ciel sans vie
Tombe sur ma peau.

 
Alors petits pas, livide et transi, je vais,
Je m’allonge je m’endors sur une grille soufflante,
Pauvre corps vagabond et mon esprit s’évente.
Perdre la raison pour se laisser rêver…

 
Je commence à dormir avec comme berceuse
Le silence résonant la litanie d’Paris,
Quand apparaît un vieil homme, il me dit :
« Tout commence ou s’arrête sur cette grille mélodieuse ».

 
Alors je plonge,
Mon sommeil profond
Cache de nombreux songes
Oubliés de raisons…

 
L’aube me réveille
Souhaitant la nouvelle ère !
Une nuit de plein air
Et moi je pense à Elle…

Par Johann - Publié dans : poèmes : vers de pensées
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Samedi 9 décembre 2006 6 09 12 2006 00:31

Drôle de vie, drôle de personnage que je fais. Peut être sommes nous tous étranges mais je ne peux que constater que moi en tout cas je le suis. Je me pose tellement de questions et des questions sur les réponses, et d es questions sur les réponses des réponses qui me ramènent aux premières questions, interrogations circulaires à rendre fou ou schizophrène. Dans ces eaux troubles, seules m’apparaissent certaines choses ou plutôt certaines intuitions inévitables, certaines certitudes que je sens ancrées en moi et qui, si je les reniais, me brideraient toute ma vie et me la feraient manquer. Et pourtant je les renie parfois. Je ne sais pas ce que je veux, mais je sens ce que je ne voudrais pas et si je suis indécis, il est précis dans mon esprit que je répugne à être une fourmi. Suis-je trop frileux pour être cigale ? Pour l’instant oui. Mais je ne veux pas que le monde me formate comme je ne suis pas juste à cause d’une faiblesse passagère et qui, je le sens, cède le pas. Voilà pourquoi je vais un peu dévier de ce qui était prévu. Mais juste un peu, pas de révolution. J’ai déjà finalement un peu dévié mais dans un tout autre domaine et là ça n’était pas prévu. Comment livrer cette histoire sans tout raconter, comment seulement en saisir l’essence ? L’essentiel même, celui qui est invisible comme chacun sait et que seul des mots sans sens et du sens sans mot pourra retransmettre ? D’ailleur pourquoi le transmettre ? Je ne sais pas, juste un besoin, le besoin de mettre des mots sur du sens pour pouvoir mieux appréhender ce sens, l’attaquer.

Je regarde un tableau, acheté un jour de deuil sans mort et sans cercueil, il est bleu en fond de vague à large lèvre avec comme une fée ou comme un vieillard, comme une étincelle, tout brillant au milieu. Et quand je le regarde je ressens tant ! La douleur du deuil rappelée mais la chaleur d’un sentiment oublié ou plutôt enterré pour que la vie continue et aussi l’espérance d’un avenir plus joli et éternel. Un avenir avec celle qui peuple mes pensées, qui me fait tomber amoureux de personnes que je ne connais même pas juste parce qu’elles ont un air, une ressemblance, une aura ou un je ne sais quoi qui me ramène à elle et me la fait voir tout à travers elles. Je n’ai plus de nouvelle, certainement qu’elle m’a oublié et que je dois par conséquent en faire autant. La logique, la raison disent ça mais c’est vain, elle ne sort pas de mon esprit. Je la connais pourtant si peu, à peine même pourrait on dire. Mais je la reconnais. Comme dans les livres, comme un livre que la vie m’oblige à vivre page après page, sans possibilité de sauter les descriptions, ces moments de vie qui forment tout environnement nécessaire et qui posent les cadres, il faudrait finalement même savourer les descriptions parce que je n’ai qu’un livre à lire. Nous devrions peut être apprendre à lire.

En tout cas si je possédais un pouvoir de plume sur mon propre livre, j’écrirai, quelques pages plus tard, le chapitre où je te retrouverai parce que encore aujourd’hui c’est ma gorge qui se noue quand je pense à toi, c’est tout mon visage qui tressaille et c’est mes yeux dans les tiens quand je nous imagine si bien. Ce soir je n’ai pas pleuré depuis longtemps et toi à distance et sans même en avoir conscience tu me rends aux larmes… pas des torrents juste quelques gouttes tombant de notre amour de gouttière où il ne pleut plus guère je le crains que sur ma rivière de fer…

Par Johann - Publié dans : idées sentiments
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Lundi 27 novembre 2006 1 27 11 2006 01:58

Contours de l’ineffable

Instants choisi : une main posée ;
Deux jours de pluie ; regards croisés
De ces moments insaisissables
Qu’on pense toujours hors du vocable

N’est ce pas effet de complaisance
De leur donner trop d’importance ?
Qu’ils relèvent de l’inclassable
Suffiront-ils pour invoquer l’ineffable ?

Encore surpris de ce passé,
Tas de débris passionnés,
D’âme déchirée de celui qui,
Ne peut aimer que pour la vie.

Les mots effleurent, sans s’y poser
Les histoires pourtant si partagées
Pensée du temps-je porte à croire-
Où de l’individualité tout doit échoir.

L’usage des mots, devenu insuffisant,
Pour qui s’attire tout-évidemment.

Les sentiments-en apparence- si relatifs
Ne supportent plus aucun des qualificatifs
Tout porte donc à croire que l’ineffable,
Non sans une certaine issue fatale,
Cerne à pas larges l’inexplicable.

Mais que penser alors de ces anthologies,
De toutes ces histoires devenues poésies ?
Sinon que des gens bien respectables,
Se sont rendus un jour capables
De repousser ces mythes, ces fables :
Les contours de l’ineffable.
Par Johann - Publié dans : Poèmes de Mathieu
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Vendredi 24 novembre 2006 5 24 11 2006 23:09

Seuls, Des Fous

 

Tous les mêmes yeux, plissés,
Et la même bouche, gênée.
Du coin d’un regard noir veillant
Sur la ville ruisselant

 
Comme si la pluie,
Ou comme la pluie,
Révélant,
La misère de leur vie…

 
Oui mais les yeux sont trompeur
Et si le cœur se meurt
Encore il frappe,
Presque il te happe
Dans ces cages sans honneurs

 
Ceux qui ont su s’arrêter
Nous font horreurs
Parce qu’ils ont osé
La pire de nos peurs

Par Johann - Publié dans : poèmes : mots sur le monde
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Jeudi 23 novembre 2006 4 23 11 2006 23:38

L’amour, toujours, court,
Parce que l’égoïsme
Toujours suit
Tapi, caché du jour
Tel un guide il luit

 
Plus que moi-même
Ainsi je t’aime
C’est autorisé
Et si admiré !
Mais méfiance
Je perds confiance

 
Dans la peau
Ainsi je t’ai
Mais pour des mots
Ainsi jetés !
L’amour est beau…

 

Si beau oui si beau
Car c’est en lui
Bien à l’abri
Qu’est mon ego

 

Plus de conscience
Ca n’est pas moi que j’aime
Mais un autre moi-même !

 Impertinence…

Par Johann - Publié dans : poèmes : l'amour
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Dimanche 5 novembre 2006 7 05 11 2006 10:51

Au néon d’une jeune fille sans pleurs

 

 Cette nuit en voyageur
J’ai vu une fille sans pleurs

 

Son regard reflète la tristesse
Ses lèvres dessinent le chagrin
Et sa bouche de détresse
Retient les larmes en vain

 

Quelque chose ou
Quelqu’un
Ici ou
Très loin
La met à genoux
Mais digne
Le visage opalin
Dans ses yeux où tout
Est éteint
Majestueux il signe
Le chagrin, dans cette fille sans pleurs

 

Comme une douce douleur
Offerte aux voyageurs
Une noire fleure
Toute fanée d’ailleurs

 

Et si mes yeux n’ont rien dit
C’est mon cœur qui s’emplit

Par Johann - Publié dans : poèmes : vers de pensées
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