« Vous vous cherchez beaucoup », « vous êtes encore en maturation », dans un entretien de personnalité et alors que j’avais l’impression d’avoir donné des réponses claires et précises ça fait tout drôle d’entendre ça. Et pourtant, n’est ce pas rassurant de se chercher à 19 ans ? Je pense que d’une certaine façon on se cherche toute sa vie et ceux qui disent ne plus se chercher sont soit arrivés à un état que l’on pourrait qualifier de bonheur total soit au contraire ne sont que des êtres aigris à l’esprit obtus que leur prétention leur présente comme l’apogée de l’être humain.
Et finalement, rien qu’à se promener sur le net on se rend compte du nombre de personne qui se sont si peu trouvées, qui sont si peu sures d’elles que leur bouclier automatique, leur phrase de survie est « je suis ce que je suis ». Tu ne peux rien me dire, si tu ne m’aimes pas va voir ailleurs, si tu ne fais rien que mine de remettre en cause mes certitudes je te promets mon courroux et dans tout les cas, jamais je ne me poserai la question : « je suis ce que je suis, certes, mais que suis-je ? , mes actes reflètent ils mes pensées et mes pensées sont elles bien de moi ? ».
A coté de ça je suis presque l’extrême opposé. Je réfléchis à tout et je n’ai d’opinions certaines que sur de rares choses (je dirais la peine de mort et la démocratie), sur les autres je suis capable de défendre une opinion mais lorsque j’y repense ultérieurement, lorsque je suis mon propre juge, je ne sais vraiment plus que penser. La liberté ? Oui bien sur, et pourtant l’individualisme, non! Même l’amour ? Qu’est ce que l’amour ? On sent quand on aime, o
n sent que quand on aime on vit mais en même temps en y réfléchissant on est si égoïste et si primaire quand on aime qu’on se dit que l’amour n’est finalement bien que le dernier rempart pour la survie de l’espèce et que nous ne sommes, que je ne suis, rien d’autre qu’un esclave de cette loi naturelle et qui est si bien faite qu’elle nous fait croire à tous que l’amour est le plus beau sentiment du monde. L’amour me ferait faire n’importe quoi je pense mais quand je dépose mon cœur sur le pavé un moment, et que je laisse à ma raison toute la place, je me rend compte que l’amour est peut être le pire des sentiments tant il est hypocrite, égoïste et bestial. Ce qui me désole c’est que je ne m’imagine pas vivre sans amour. Sincèrement ça me désole. Et je pense être encore bien plus que la moyenne un esclave de ce sentiment quand je vois à quel point il me touche et dicte ma vie. Je pensais que ça faisait de moi un homme bien, je me rends compte que ça fait de moi un non homme. « L’homme est un fil tendu entre l’inhumain et le surhumain » oui, je pense saisir ce que voulait dire Nietzsche.
Bref j’ai pas avancé des masses, je suis loin de savoir qui je suis mais ce qui est sur c’est que « je ne serai jamais ce que je suis ». J’espère seulement que ce que je veux être n’entrera pas en contradiction avec ce que je suis.
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es questions sur les réponses des réponses qui me ramènent aux premières questions, interrogations circulaires à rendre fou ou schizophrène. Dans ces eaux troubles, seules m’apparaissent certaines choses ou plutôt certaines intuitions inévitables, certaines certitudes que je sens ancrées en moi et qui, si je les reniais, me brideraient toute ma vie et me la feraient manquer. Et pourtant je les renie parfois. Je ne sais pas ce que je veux, mais je sens ce que je ne voudrais pas et si je suis indécis, il est précis dans mon esprit que je répugne à être une fourmi. Suis-je trop frileux pour être cigale ? Pour l’instant oui. Mais je ne veux pas que le monde me formate comme je ne suis pas juste à cause d’une faiblesse passagère et qui, je le sens, cède le pas. Voilà pourquoi je vais un peu dévier de ce qui était prévu. Mais juste un peu, pas de révolution. J’ai déjà finalement un peu dévié mais dans un tout autre domaine et là ça n’était pas prévu. Comment livrer cette histoire sans tout raconter, comment seulement en saisir l’essence ? L’essentiel même, celui qui est invisible comme chacun sait et que seul des mots sans sens et du sens sans mot pourra retransmettre ? D’ailleur pourquoi le transmettre ? Je ne sais pas, juste un besoin, le besoin de mettre des mots sur du sens pour pouvoir mieux appréhender ce sens, l’attaquer.
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