La barque Seneyk
Lisse et sereine la mer du calme retrouvé.
Beau et grand, l'orage du grand tourment
Ridé, le visage de l'orage passant
Marques ignorées et l'économie renaît.
Ces malheureux qui périrent lentement,
Ces gueux par la tempête fracassés
Reposent dans le lit d'un commun océan
Sur lequel les bateaux voguent, soulagés.
Seule une barque sans calcul, sans se soucier,
Plonge dans l’incertitude des eaux glacées d’octobre
Où les mains décharnées des ivrognes et des sobres
Applaudissent le triomphe du verbe « laisser »…
Bruits secs et froids qui frappent de la barque le fond
Douces plaintes rongeant les lattes, mal lancinant,
Mélopée macabre de tombeaux saignants
Le bois craque, cède, et sort de sa prison
Une barque clairvoyante
De fabrication classique
Une barque qui fait la nique
Aux premières composantes
Cette éternelle mer qui retourne toujours
A sa calme beauté après s’être agitée,
Cette éternelle mer qui sans arrêt renaît
Nous fait oublier que les hommes meurent un jour
La barque sait que l’orage tue sans détour.
A quoi bon l’équilibre quand si cher il se paie ?
A quoi bon le long terme si l’homme ne renaît ?
Du Circus sortit, une barque d’un nouveau jour…
C’est une barque consciente
Qu’elle n’a rien de classique
Une barque condescendante
Au devenir mythique…
Son esprit, si fort, si fier, survit à la mort.
La barque sombre et ses ondes concentriques,
Dans l’eau laissent les marques d’une pensée unique
Coquille de noix qui d’attache passe au port !
Coquille de noix qui tel un Titanic,
Se frotte à l’iceberg des années quatre vingt.
Les cales s’inondent, Seynek mauvais marin ?
Le mythe s’effondre, gronde la critique !
Mais après vingt ans de cet hold-up grossier,
Sortant, remontant, d’abysses océaniques
L’odeur rassurante d’un parfum nostalgique
Remet à flot une barque du siècle dernier
Inflation ou chômage ? Question balayée
Sous l’iceberg, cet épouvantail de glace
Laissant croire que l’océan, à sa surface
Masse la glace en tout lieu, pour l’éternité…
C’est un hymne que chante
Tout homme qui se pique
De croire au magnifique
De cet esprit qui hante…