poèmes : mots sur le monde

Lundi 17 avril 2006
Les enfants oubliés

Les jeunes des cités nous ont ouvert leur cœur
Ils crient leur désarroi, ils hurlent leur malheur !
Braises rougeoyantes et squelettes métalliques,
Les enfants oubliés de notre république !

Les jeunes de nos cités déversent leur douleur
Sur les voitures, dans la rue et contre les flics !
Leurs larmes inflammables font un cocktail de pleurs
Embrasant la ville et la classe politique !

On voit dans le regard de leurs pupilles si noires,
On devine dans leurs âmes et on voit dans leurs yeux !
Beaucoup moins de haine que de désespoir
La rage qu’illumine la violence de ces feux

Sans arrêt renvoyé à ce cruel miroir,
Sans arrêt confronté à cette société,
Chaque jour qui passe ils constatent sans y croire
Qu’ils non aucune chance, que les dés sont pipés !

Ils ne leur restent rien, que cet honneur antique
La gloire des gladiateurs qui se savent condamnés
Braises rougeoyantes et squelettes métalliques,
Les enfants oubliés de notre république…
Par Johann
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Lundi 17 avril 2006

La barque Seneyk

 

      Lisse et sereine la mer du calme retrouvé.

      Beau et grand, l'orage du grand tourment

     Ridé, le visage de l'orage passant

     Marques ignorées et l'économie renaît.

 

     Ces malheureux qui périrent lentement,

     Ces gueux par la tempête fracassés

     Reposent dans le lit d'un commun océan

    Sur lequel les bateaux voguent, soulagés.

 

     Seule une barque sans calcul, sans se soucier,

     Plonge dans l’incertitude des eaux glacées d’octobre

     Où les mains décharnées des ivrognes et des sobres

     Applaudissent le triomphe du verbe « laisser »…

 

     Bruits secs et froids qui frappent de la barque le fond

     Douces plaintes rongeant les lattes, mal lancinant,

     Mélopée macabre de tombeaux saignants

     Le bois craque, cède, et sort de sa prison

 

            Une barque clairvoyante

            De fabrication classique

            Une barque qui fait la nique

            Aux premières composantes

            

     Cette éternelle mer qui retourne toujours

     A sa calme beauté après s’être agitée,

     Cette éternelle mer qui sans arrêt renaît

     Nous fait oublier que les hommes meurent un jour

 

     La barque sait que l’orage tue sans détour.

     A quoi bon l’équilibre quand si cher il se paie ?

     A quoi bon le long terme si l’homme ne renaît ?

     Du Circus sortit, une barque d’un nouveau jour…

 

             C’est une barque consciente

             Qu’elle n’a rien de classique

             Une barque condescendante

             Au devenir mythique…

 

 

     Son esprit, si fort, si fier, survit à la mort. 

    La barque sombre et ses ondes concentriques,

    Dans l’eau laissent les marques d’une pensée unique

    Coquille de noix qui d’attache passe au port !

 

    Coquille de noix qui tel un Titanic,

    Se frotte à l’iceberg des années quatre vingt.

     Les cales s’inondent, Seynek mauvais marin ?

     Le mythe s’effondre, gronde la critique !

 

    Mais après vingt ans de cet hold-up grossier,

    Sortant, remontant, d’abysses océaniques

    L’odeur rassurante d’un parfum nostalgique

    Remet à flot une barque du siècle dernier

 

   Inflation ou chômage ? Question balayée

   Sous l’iceberg, cet épouvantail de glace

   Laissant croire que l’océan, à sa surface

   Masse la glace en tout lieu, pour l’éternité…

 

       

       C’est un hymne que chante

       Tout homme qui se pique

       De croire au magnifique

        De cet esprit qui hante…

 
Par Johann
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Lundi 17 avril 2006
La ville, notre ville, pauvre ville…
 
 
Le ciel opaque et sombre
Semble fondre sur la ville
De l’homme l’humble fille
Sans lui, triste, elle cille
S’endort et meurt dans l’ombre…
 
Vides, les rues désertées
Abritent les décombres,
Synonymes bien sombres
D’un jour d’humanité…
 
Que seule l’humanité !
A l’aube du jour qui vient
Saura remettre à bien
Sans grande velléité
 
Chaque jour c’est ainsi
L’enfant maltraité
De l’homme la fierté
Meurt et renaît par lui…
Par Johann
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Dimanche 14 mai 2006

Venin de vie.

 

Sournois et sans pitié

Il vit éternellement

Insaisissable serpent

Briseur d’éternité.

 

Dans tes veines condamnées

Son venin est ton sang,

Déjà le jour d’avant

Écœure le jour d’après.

 

Il se glisse et il tue.

Quand tu nais il te mord,

Dés l’enfance, sans remord

Il te dit « bienvenue ! »

 

Ce poison dans ton corps

Il coule et s’écoule

Il t’enivre et te saoule

Te conduit à la mort.

 

Si ce perfide temps

Met un terme à ta vie

Si ton être vieilli,

Abattu par les ans…

 

Vois comme le passé

Est chose jolie !

Vois comme les années

Font éclore la vie !

 

Et tu verras que le temps

Donne du sens à la vie…       

Et peut être le serpent

Deviendra ton ami…

 

 Tes mains ridées ont les marques des ans passés grâce au temps…

Par Johann
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Vendredi 24 novembre 2006

Seuls, Des Fous

 

Tous les mêmes yeux, plissés,
Et la même bouche, gênée.
Du coin d’un regard noir veillant
Sur la ville ruisselant

 
Comme si la pluie,
Ou comme la pluie,
Révélant,
La misère de leur vie…

 
Oui mais les yeux sont trompeur
Et si le cœur se meurt
Encore il frappe,
Presque il te happe
Dans ces cages sans honneurs

 
Ceux qui ont su s’arrêter
Nous font horreurs
Parce qu’ils ont osé
La pire de nos peurs

Par Johann
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Mardi 19 décembre 2006

Je vous en prie…

 

Pour des milliers
Je le crains
Ce matin
Est le dernier

 
Pour des millions
Et j’en pleure
Dans les maisons
Restent les sœurs

 
Pour l’humanité
Et j’en crève
Fini le rêve
Morte est la paix

 
Chacune de mes larmes
Etale en douleur
Sur le fer des drames
Ton Nom, toujours rêveur

 
La poudre me tuera
Les hommes périront
Le monde se brisera
Mais les larmes sont
Sur l’acier trempé
Une encre d’éternité

Par Johann
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