Poèmes d'auteurs

Samedi 11 septembre 2004
Ma faute à toi

J’ai besoin encore et toujours
J’ai besoin d’entrer chez une femme
D’en sortir au petit jour
Avec un peu moins de flamme
Dans les yeux
Quand je te regarde
Dans notre amour à tous les deux
Y’a que moi qui le garde

J’ai besoin d’entrer chez une femme
Chez une autre que toi
Toi qu’a perdu ma flamme
Ma flamme qu’était pour toi
J’ai besoin te t’oublier
Ne pas te reconnaître
Partout où je vais
J’ai besoin de renaître

J’ai besoin de vivre
De vivre devant moi
Ceux qui m’aiment me suivent
Je sais, toi, tu restes là
J’ai besoin d’aimer
Je ne sais rien faire d’autre
J’ai besoin d’aimer
Et c’est pas ta faute

C’est ma faute à toi
Toi, t’es trop belle
Toi, t’es trop belle pour moi
Et les belles, elles sont cruelles
Pour ceux les veulent
Pour ceux qui les ont pas
Pour ceux qui sont tous seuls
Pour ceux qui ne savent pas
Pour ceux qui marchent des heures
Et qui vont nulle part
Pour ceux qui boivent
Pour ceux qui ne dorment pas
Pour ceux qui chantent, qui chantent, qui chantent
Pour ceux qui chantent, qui chantent pour toi !

J’ai besoin de vivre
De vivre devant moi
Ceux qui m’aiment me suivent
Je sais, toi, tu restes là
J’ai besoin d’aimer
Je ne sais rien faire d’autre
J’ai besoin d’aimer
Et c’est pas ta faute

C’est ma faute à toi
Toi, t’es trop belle
Toi, t’es trop belle pour moi
Et les belles, elles sont cruelles
Pour ceux les veulent
Pour ceux qui les ont pas
Pour ceux qui sont tous seuls
Pour ceux qui ne savent pas
Pour ceux qui marchent des heures
Et qui vont nulle part
Pour ceux qui boivent
Pour ceux qui ne dorment pas
Pour ceux qui chantent, qui chantent, qui chantent
Pour ceux qui chantent, qui chantent pour toi !
Par Johann
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Dimanche 8 janvier 2006

Le gardien du phare

 

Des oiseaux par milliers volent vers les feux

Par milliers ils tombent, par milliers ils se cognent

Par milliers aveuglés, par milliers assommés

Par milliers ils meurent.

 

Le gardien ne peut supporter une chose pareille

Les oiseaux ils les aiment trop

Alors il dit « tant pis je m’en fou »

Et il éteint tout.

 

Au loin un cargo fait naufrage

Un cargo venant des îles un cargo chargé d’oiseaux

Des milliers d’oiseaux des îles, des milliers d’oiseaux noyés.

Par Johann
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Dimanche 8 janvier 2006

L’amour qui n’est pas un mot

 

Mon Dieu jusqu’au dernier moment

Avec ce cœur débile et blême

Quand on est l’ombre de soi-même

Comment se pourrait-il comment

Comment se pourrait-il qu’on aime

Ou comment nommer ce  tourment

 

Suffit-il donc que tu paraisses

De l’air que te fait rattachant

Tes cheveux ce geste touchant

Que je renaisse et reconnaisse

Un monde habité par le chant

Elsa mon amour ma jeunesse

 

O forte et douce comme un vin

Pareille au soleil des fenêtres

Tu me rends la caresse d’être

Tu me rends la soif et la faim

De vivre encore et de connaître

Notre histoire jusqu’à la fin

 

C’est miracle que d’être ensemble

Que la lumière sur ta joue

Qu’autour de toi le vent se joue

Toujours si je te vois je tremble

Comme à son premier rendez vous

Un jeune homme qui me ressemble

 

M’habituer m’habituer

Si je ne le puis qu’on m’en blâme

Peut on s’habituer aux flammes

Elles vous ont avant tué

Ah crevez moi les yeux de l’âme

S’ils s’habituaient aux nuées

 

Pour la première fois ta bouche

Pour la première fois ta voix

D’une aile à la cime des bois

L’arbre frémit jusqu’à la souche

C’est toujours la première fois

Quand ta robe en passant me touche

 

Prends ce bruit lourd et palpitant

Jette-z-en la moitié véreuse

Tu peux mordre la part heureuse

Trente ans perdus et puis trente ans

Au moins que ta morsure creuse

C’est ma vie et je te la tends

 

Ma vie en vérité commence

Le jour que je t’ai rencontrée

Toi dont les bras ont su barrer

Sa route atroce à ma démence

Et qui m’as montré la contrée

Que la bonté ensemence

 

Tu vins au cœur du désarroi

Pour chasser les mauvaises fièvres

Et j’ai flambée comme un genièvre

A la Noël entre tes doigts

Je suis né vraiment de ta lèvre

Ma vie est à partir de toi

Par Johann
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Dimanche 8 janvier 2006

Le Lac

 

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
            Jeter l'ancre un seul jour ?
 
Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
            Où tu la vis s'asseoir !
 
Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
            Sur ses pieds adorés.
 
Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
            Tes flots harmonieux.
 
Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos,
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
            Laissa tomber ces mots :
 
« Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
            Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
            Des plus beaux de nos jours !
 
« Assez de malheureux ici-bas vous implorent ;
            Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
            Oubliez les heureux.
 
« Mais je demande en vain quelques moments encore,
            Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : « Sois plus lente » ; et l'aurore
            Va dissiper la nuit.
 
« Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
            Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
            Il coule, et nous passons ! »
 
Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
            Que les jours de malheur ?
 
Hé quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ? quoi ! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
            Ne nous les rendra plus ?
 
Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez vous ces extases sublimes
            Que vous nous ravissez ?
 
Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
            Au moins le souvenir !
 
Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
            Qui pendent sur tes eaux !
 
Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
            De ses molles clartés !
 
Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit et l'on respire,
            Tout dise : « Ils ont aimé ! »

 

Par Johann
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Dimanche 8 janvier 2006

A poor young shepherd

 

J’ai peur d’un baiser

Comme d’une abeille.

Je souffre et je veille

Sans me reposer :

J’ai peur d’un baiser !

 

Pourtant j’aime Kate

Et ses yeux jolis.

Elle est délicate,

Aux longs traits pâlis.

Oh ! que j’aime Kate !

 

C’est Saint-Valentin !

Je dois et je n’ose

Lui dire au matin…

La terrible chose

Que Saint-Valentin !

 

Elle m’est promise,

Fort heureusement !

Mais quelle entreprise

Que d’être un amant

Prés d’une promise !

 

J’ai peur d’un baiser.

Comme d’une abeille.

Je souffre et je veille

Sans me reposer :

J’ai peur d’un baiser !

Par Johann
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Dimanche 8 janvier 2006

Les coquillages

 

Chaque coquillage incrusté

Dans la grotte où nous nous aimâmes

A sa particularité.

 

L’un a la pourpre de nos âmes

Dérobée au sang de nos cœurs

Quand je brûle et que tu t’enflammes ;

 

Cet autre affecte tes langueurs

Et tes pâleurs alors que, lasse,

Tu m’en veux de mes yeux moqueurs ;

 

Celui-ci contrefait la grâce

Ce ton oreille, et celui là

Ta nuque rose, courte et grasse ;

Mais un, entre autres, me troubla.

Par Johann
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Dimanche 8 janvier 2006

Ariettes Oubliées III

 

Il pleure dans mon cœur

Comme il pleut sur la ville

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon cœur ?

 

O bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un cœur qui s’ennuie

O le chant de la pluie !

 

Il pleure sans raison

Dans ce cœur qui s’écœure

Quoi ! Nulle trahison ?…

Ce deuil est sans raison.

 

C’est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi

Sans amour et sans haine

Mon cœur a tant de peine !

Par Johann
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Dimanche 8 janvier 2006

Mon rêve familier

 

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,

Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

 

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent

Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

 

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.

Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore

Comme ceux des aimés que la Vie exila.

 

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Par Johann
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Dimanche 8 janvier 2006

Nevermore

 

Souvenir, souvenir, que me veux tu ? L’automne

Faisait voler la grive à travers l’air atone,

Et le soleil dardait un rayon monotone

Sur le bois jaunissant où la brise détone.

 

Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,

Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.

Soudain, tournant vers moi son regard émouvant :

« Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d’or vivant,

 

Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.

Un sourire discret lui donna la réplique,

Et je baisais sa main blanche, dévotement.

 

Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées !

Et qu’il bruit avec un murmure charmant

Le premier oui qui sort des lèvres bien aimées !

Par Johann
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